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 La vie d'un jeune berrichon - souvenirs de guerre (1459)

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George le poilu
Vieux Duc
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Nombre de messages : 10626
Fief : RP: Saint-Aignan - HRP: Bruxelles
Fontion sociale : Duc à la retraite
Date d'inscription : 28/01/2006

MessageSujet: La vie d'un jeune berrichon - souvenirs de guerre (1459)   Ven 06 Jan 2012, 19:57

Citation :
Je m'appelle Julien, je suis berrichon et j'ai 16 ans, voici mon histoire.

Citation :
25 juin 1459
Levé avec le soleil, rapidement vêtu et lavé, c'est d'un pas rapide que je quitte la demeure familiale pour me rendre aux champs, rituel quotidien immuable depuis 3 ans déjà. Voir si le blé pousse, cueillir les fruits, élaguer les arbres, couper du bois pour l'hiver, nourrir le bétail...
Comme le chemin passe devant la demeure d'Alicia, ma promise, je guette sa sortie matinale au puits ou à la grange familiale pour lui conter fleurette, l’œil vigilant à épier l'arrivée éventuelle de son père.
Une heure plus tard, enfin arrivé aux champs, mon père Firmin, grand gaillard de quarante printemps, me toise du regard, n'appréciant pas mon arrivée tardive, quand mon grand frère Alex sourit en voyant mes cheveux ébouriffés.
La journée s'écoule agréablement et lorsque le soleil descend dans le ciel, mon père appelle sa lignée pour rejoindre notre mère pour le repas du soir.

Citation :
26 juin 1459
Le soleil brille au milieu du ciel, l'heure de manger un morceau de pain avec mes trois frères pendant que notre père cueille quelques pommes pour agrémenter le repas fringal du milieu de la journée. En regardant notre plus jeune sœur, Sylvie, douze ans et déjà fort espiègle, j'aperçois un nuage de poussière à l'horizon. La tête de mon père change, il nous fait signe de rejoindre la forêt à quelques centaines de mètres de nous et d'y rester silencieux. Habitués à obéir sans discuter les ordres de notre père, nous quittons les champs et nous couchons dans les talus de la forêt avoisinante.

Cette position me semblait bien plus inconfortable que lorsque j'étais ainsi positionné pour épier avec mes amis les jeunes filles du village allant se baigner à la rivière. Le temps me semble long, mais le bruit vient en augmentant, des paroles, le cliquetis du métal, le bruit des chevaux, une troupe en arme passe devant nous...
Alex reconnaît le drapeau de Touraine, mon père met sa main devant la ouche de Sylvie pour qu'elle garde le silence. Renaud, le plus rapide de mes frères, était déjà parti depuis quelques minutes pour avertir les gens du village.

Nous les voyons passer en rang serré, nobles en armure à cheval à l'avant, simples soldats en armes les suivant, drapeaux et bannières flottant au vent, nous les voyons passer craignant pour les jours à venir.

Ce 26 juin 1459, l'armée de Touraine pénètre en Berry. La longue guerre commence...

Quoi de plus rageant que de voir passer ces soldats au milieu de notre champ de blé, piétinant nos récoltes... ces hommes de guerre et noblions ne respectent jamais notre dur labeur, ronchonne mon père.

Citation :
27 juin 1459
Des rumeurs circulent dans le village, la guerre, des combats, des massacres, nul ne sait croire.

Un voyageur arrive de bourges et explique que l'armée tourangelle s'est installée devant les murs de la capitale.

Mon frère Bernard s'enflamme lors du repas et dit qu'il se rendra à Bourges pour servir le Berry. Mon père lui assène une violente baffe en lui disant que sa place était auprès de notre famille et qu'il fallait pas se mêler de ces histoires.

Citation :
28 juin 1459
La moisson n'attend pas, récolte du blé ce matin, un peu craintif de voir arriver des soldats mais la clameur populaire parlait de ronde d'observation à Bourges, aucune épée n'étant sortie de son fourreau pour le moment.

Le soir, autour d'un feu de camp, les vieux du village rappellent leurs souvenirs des guerres contre la Touraine et la barbarie des lucioles, troupes de brigands au service du duc de Touraine. J'avoue y avoir prêté peu d'attention, préférant m'éclipser discrètement pour retrouver Alicia.

Citation :
29 juin 1459
Journée stressante aujourd'hui, j'ai promis à Alicia de prendre mon courage à deux mains pour aller voir son père et lui demander la main de sa fille.

La journée semble longue, si longue, je crois n'avoir jamais autant stressé, mes jambes en tremblent parfois. Je préférerais affronter une horde de loups plutôt que mon futur beau-père. Et le soleil qui décline lentement mais inexorablement vers ce moment tant redouté...

Le grand jour est arrivé, je frappe à leur porte, la mère d'Alicia m'ouvre et me fait entrer. Son père, assis dans un fauteuil devant le feu ouvert se repose de sa longue journée de labeur à la mine.

"M'sieur, si vous me permettez..." dis-je en sortant difficilement les mots de ma bouche.

"Oui, Julien ?" de sa voix habituellement grave.

"Voilà des années que ji connais vostre mesnée, anui je voudrais votre accord à bloner vot' gazoute. En tout bien tout honneur coum les usances, ji vous demande en épousailles Alicia."

"Norf de norf, tout cela en une seule fois, sans respirer !"
me répondit-il, mi-hilare, mi-sérieux.

Alors qu'il allait continuer, voilà que son fils pénètre dans la maison criant
"Des fumées importantes s'élevèent à l'horizon depuis Bourges !"

Son père me congédia en répondant simplement qu'on en reparlera plus tard.

Je rentre penaud à la maison, où tout le monde semble déjà avoir rejoint Morphée.

_________________

Citation :
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George le poilu
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MessageSujet: Re: La vie d'un jeune berrichon - souvenirs de guerre (1459)   Sam 07 Juil 2012, 20:58

Citation :
30 juin 1459
5h 45 du matin, premier rayon de soleil et voilà que ce foutu gallinacée coquerique à tue tête. Cherchant mes braies à moitié éveillé, je prie pour que père fasse un coq au vin cette année pour la Noël.
Une heure plus tard, nous nous dirigeons en famille vers les champs pour constater les dégâts laissés l'autre jour par les soldats, quand on aperçoit un rassemblement sur la place du village, en face de la chapelle, prêt de l'échoppe de Gros Louis, le vendeur de charrettes.

Trois gardes ducaux s'y sont présentés. Ce n'est pourtant pas le jour des levées d'impôts ; intrigué, je m'approche et essaie d'entendre le capitaine s'exprimer, mais n'en perçoit que des bridbs de conversations


"Berry attaqué... Touraine ... Guerre... Duc grièvement blessé... Touraine... Engagement... Bourges..."

Mon père voit immédiatement dans le regard de ses fils qu'il ne pourra pas nous empêcher de nous enrôler pour aller défendre Bourges.
Mes trois frères et moi rejoignons le soldat berrichon qui tient la feuille des volontaires.


"Julien, 16 ans , volontaire.
- Écris ton nom et signe ici."
dit le garde.

Ne sachant pas écrire, je le regarde l'air un peu hébété. Il prend alors la plume et écrit Julien du hameau nord de Châteauroux.


"Bon, fais une croix en-dessous de ton nom et rejoins tes camarades à gauche."

C'est donc avec mes frères Alex, Renaud et Bernard et une vingtaine de villageois de tout âge que je me retrouve engagé - un peu sans comprendre - dans l'Ost berrichon.
Avec Jean et Philibert, anciens camarades de l'époque où nous faisions les 400 coups au lieu de fréquenter l'école, nous rigolons en imaginant la déculottée qu'on allait infliger à ces couillons de tourangeaux.

Le rire aux lèvrex, nous prenons le chemin de Bourges avec les autres volontaires, encadré par ce sergent un peu débonnaire qui devait nous guider jusqu'à la capitale.

Citation :
1er juillet 1459

La nuit à la belle étoile dans la forêt entre Châteauroux et Bourges, voilà qui est déjà nettement moins ludique mais n'entame pas notre bonne humeur ; même les vociférations du sergent qui ronchonne car on se lève trop tard n'y feront rien.

En fin de journée, nous apercevons de grandes fumées s'élevant au ciel.


"Bourges." dit le sergent en nous faisant signe de garder le silence et de le suivre sur les chemins de traverse en forêt, évitant la route normale.

Une demi heure plus tard, nous arrivons à la lisière de la forêt et apercevons au loin, le campement des armées étrangères et la ville de Bourges dont s'échappaient encore les fumées des assauts de la matinée.
Ivre de joie à l'idée d'aller jouer à la guerre quelques minutes plus tôt, c'est dégrisés que nous sommes confrontés à la réalité en pénétrant dans Bourges, après avoir contourné les forces ennemies par la rivière basse à l'ouest de la capitale. Des villageois fatigués à éteindre les incendies, des infirmières et médicastres occupés à soigner les blessés, le prêtre bénissant les dépouilles des morts de la nuit, heureusement encore peu nombreux.

Nous nous présentons devant le capitaine du guet qui nous indique l'endroit où trouver des armes et l'endroit du mur où nous devrons porter assistance aux défenseurs.
Mon frère Alex rigole en me voyant affublé d'une épée aussi lourde qu'une hache et d'un bouclier que je peux à peine manier, mais peu importe, j'en suis tellement fier.

Et la nuit commence, sur la muraille nord de notre capitale...

_________________

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