Les séances du conseil étaient toujours fort longues. Pour que les vas et viens constants ne dérangent pas les conseillés la salle avait été scindée en deux par un une barrière en fer forgé, habilement travaillée. D’un coté le conseil siégeait assis derrière une grande table de travail. Le duc assis en son centre, l’assemblée faisait ainsi face au publique. Cela avait comme avantage que les orateurs n’avaient pas à élever la voix pour être entendus de tous.
De l’autre coté de la petite barrière, de nombreux sièges étaient alignés. En première ligne des fauteuils, pour les grands barons. En second rang des chaises pour les seigneurs, puis enfin pour les derniers rangs des tabourets où les bourgeois et paysans pouvaient prendre place. La préséance des classes sociales de la société berrichonne avait été strictement respectée.
Sur le coté cependant il y avait un petit carré pour les grands officiers et officiers de l’armée. Là encore les différences de grades donnaient droit à des assises de plus ou moins bon confort.
Chaque partie de la salle avait une porte qui donnait sur le grand couloir qui desservait cette aile du château. Ces portes ne restaient jamais fermées bien longtemps. D’abord en raison de l’incessant va et vient des participants et des spectateurs, ensuite parce qu’un véritable balai de valais apportait, toujours en silence, boissons et nourritures à tout un chacun en fonction de l’heure et des envies.
Dans le couloir on pouvait s’entretenir des diverses affaires directement avec les conseillers. Des groupes se formaient pour discuter de politique ou chasse. D’autres en profitaient pour fumer une pipe, ou marchaient quelques pas pour se réveiller avant de retourner somnoler dans la salle du conseil.
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